Archive | juin, 2010

El Desdichado: le poème Q de Gérard de Nerval

25 Juin

gérard nerval desdichado porno

Je te vois, coquine, derrière ton écran… gérard_de_nerval@sexyhot.xxx

El Desdischado: le déchu, le désenchanté, peu importe comment Gérard de Nerval a voulu concevoir son poème – le plus magnifique poème de tous les temps. On ne peut nier qu’il ait une dimension sexuelle incommensurable. Chaque mot est ici choisi pour faire référence à un moment sexuel et même la construction évoque une relation: on commence par parler veuvage pour terminer sur des cris et des soupirs après avoir bien modulé la lyre.

La preuve en images: magnéto, Serge !

Je suis le ténébreux, – le veuf, – l’inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie
Ma seule étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Bon, là ça me paraît clair: il ne bande plus. (Le veuf… la Tour abolie: faut-il vraiment vous décrypter le symbole de la tour abolie ?)

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,

Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

Ah, il bande encore ! La mer d’Italie: en psychanalyse, on explique aux patients que toute étendue d’eau renvoie à la femme dans son aspect sexuel. Quant au Pausilippe, c’est une colline: après la tour abolie, il cherche la colline. Edifiant.

Suis-je Amour ou Phébus ? … Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène…

Il hésite entre deux figures de l’amour, son front est rouge des baisers reçus (oui, c’est ça, on va dire que c’est son front…) et il a plongé dans la grotte (plongé dans la grotte=pénétration pour ceux qui n’auraient toujours pas compris. La grotte est le sexe féminin et la plongée, l’acte d’y entrer) Au cas où ça ne soit pas clair, il précise: la grotte où nage la sirène, l’un des symboles sexuels les plus forts de la mythologie et des contes.


Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron ;

Gérard de Nerval signifie à son lecteur qu’il a éjaculé deux fois. (vainqueur… traversée: renvoie au voyage évoqué plus haut avec la grotte, la sirène, tout ça)
Modulant tout à tour sur la lyre d’Orphée

Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée: une bien jolie manière d’évoquer les manipulations physiques auxquelles il s’est livré avec sa partenaire.


Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

Dans quelles circonstances une femme passe-t-elle de sainte à fée, et alterne-t-elle les cris et les soupirs…? Le poète est ravi d’avoir été vainqueur et d’avoir fait crier sa douce.

Gérard de Nerval.

Les Chimères (1854)

Les Branleuses: expo photos

18 Juin

les branleusesElle fait quoi la dame ?

On ne trouve pas de masturbation féminine que dans les arts antiques. La preuve avec cette exposition: Les Branleuses, à la Galerie SLOTT à Paris. Frédérique Barraja, l’inconsciente photographe à l’origine de cette exposition, dit ceci:

« Je sortais d’une période difficile qui allait durablement bouleverser
ma vie et ma psy était formelle : j’allais très bien dans ma tête.
Très bien?
Et ce mal-être qui ne me lâchait pas?
Ces insomnies ? On me répondit que mes maux venaient
nécessairement d’une rupture de communication avec mon corps.
Alors j’ai tout essayé! Le yoga, l’acupuncture, les massages,
l’auriculologie, la sophrologie… Sans grand résultat.
Ce n’est qu’en bout de course qu’une amie m’a demandé
s’il m’arrivait de me « branler ».

Une éventualité que je n’avais jamais considérée auparavant.
J’avais 33 ans. »

L’exposition Les Branleuses met alors en scène ces femmes et leurs mains, dans des instants solitaires. Avec un coussin, dans la douche, sur le canapé, dans le lit, Julie, Delphine, Elia, Valérie et les autres sont prises en flagrant délit et en images.

Jusqu’au 18 juillet 2010

Rue de Château Landon 75010 Paris

Mercredi au dimanche de 10 heures à 19 heures.

Exquise Design ::: Galerie Slott ::: Frédérique Barraja

Lesbos, l’île des lesbiennes

7 Juin

Statue de femmes lesbiennes de Lesbos ayant appartenu au page de la Reine Victoria (eh oui, encore ces obsédés de la famille royale britannique)

Imaginez une île remplie de belles femmes qui se lèchent la langue, se disent bonjour en glissant leurs mains dans la culotte de leurs amies et se rendent aux bains publics entre femmes, pour avoir l’occasion de se tripoter les unes les autres… vous ne rêvez pas, cette île existe, même si la description ci-dessus est un poil pubien exagérée.

Les lesbiennes n’ont pas toujours été des femmes, créatures blondes à cheveux longs typiques de The L World. Mais elles ont toujours existé. Tout a commencé sur l’île de Lesbos, la plus grande île Grecque aussi connue, de nos jours, sous le nom de Mytilène après s’être appelée Pelasgia ou Madaria. Mytilène est d’ailleurs le nom d’un site de rencontres pour lesbiennes, et le terme Madaria revient dans de nombreux textes érotiques sur les femmes.

Sapho murmure  à l’oreille des cochonnes. Simeon Solomon – XIXè siècle

La Grèce tient un rôle très important dans l’histoire de l’homosexualité masculine mais aussi, et on le sait moins, dans l’histoire du lesbianisme. Sur l’île de Lesbos, donc, vit Sappho. En -600 avant JC, Sappho la poétesse (poetisa, en Grec ancien) écrit des textes mettant en scène des émotions puissantes entre deux femmes, pour ne pas dire plus, comme L’Hymne à Aphrodite, A une aimée, Jeunes filles, œuvres toutes disponibles en traductions françaises chez divers éditeurs. Platon dit d’elle qu’elle est la « dixième muse ».

La vraie vie de Sappho demeure mystérieuse : elle eut une fille, fut même mariée, et enseigna dans une école de jeunes-filles de Lesbos où elle eut, d’après les historiens, plusieurs amantes. Surnommée « La Lesbienne » dans le sens « La femme que l’on connaît à Lesbos », comme on dirait « La Parisienne », elle légua son surnom qui, petit à petit, désigna toutes les femmes attirées par d’autres femmes.

Sex and the city ? Non, Sex and the island

Origines volcaniques, sources chaudes, végétation luxuriante et bords de mer à couper le souffle, l’île de Lesbos attire de nombreuses touristes lesbiennes en quête de vacances q-lturelles, elles reviennent en quelques sortes à leurs origines.

Lesbos désigne aujourd’hui une lesbienne en argot. Mais la poésie occupe une grande place dans l’histoire de cette île. Au VIème siècle avant JC, l’un des poètes les plus connus de l’île de Lesbos, en dehors de Sappho, se nommait… Lèsches. Ca ne s’invente pas.

La tradition attraction-répulsion des Windsor pour les homosexuels

3 Juin

Lord Mounbatten « in the Navy »

La famille royale d’Angleterre est plus que nulle autre au monde source d’inspiration pour les auteurs érotiques. Déjà à l’époque de Henri VIII, la cour fournissait de croustillantes et sémillantes anecdotes quant aux péripéties sexuelles des sires. Plus qu’ailleurs, Londres est le théâtre d’aventures homosexuelles et de relations entre personnes du même sexe, le plus souvent dissimulées sous des dehors respectables du type un mariage et un descendant pas toujours biologique.

Avant de parler Q, parlons un peu culture: la famille Windsor ne s’est pas toujours appelée ainsi. C’est Georges V qui, pour faire face au fort sentiment anti-allemand parmi ses sujets, a décide de modifier le nom des Saxe-Cobourg-Gotha (du nom de l’époux de la reine Victoria) en Windsor, du nom du château bien connu où les princes et princesses ont passé une grande partie de leur enfance.

Le prince William n’est pas gay, il aime juste toucher des amis garçons en slip pendant qu’il se frotte un ballon sur le sexe

La reine Elisabeth s’appelle Windsor, mais son époux se nomme Mountbatten: les enfants de la reine s’appellent donc Windsor-Mountbatten à l’exception de l’héritier Charles qui ne garde que le nom Windsor, tout comme ses enfants William et Harry. A noter que le nom exact de prince Philip époux de la reine n’est pas Mountbatten mais Battenberg, anglicisé lui aussi pour les mêmes raisons que les Windsor. Ces précisions nous font mieux comprendre l’état d’esprit de la famille royale, prête à changer les noms à défaut de changer les choses, et à forcer les homosexuels à se marier hétérosexuellement.

Philip, l’époux de la reine Elizabeth et actuel Prince Consor, est le neveu de Lord Louis Mountbatten qui, par sa mère, est l’arrière petit fils de la Reine Victoria. Tout comme la reine Elizabeth elle-même. Ils sont donc cousins éloignés, de même que les propres parents de Lord Mounbatten étaient cousins sans que cela ne chose personne. Il vaut donc mieux coucher avec sa cousine qu’avec un homme, chez les Windsor.

Le prince Harry n’est pas gay, il aime juste lécher les tétons de ses copains garçons quand ils sont tout nus et saouls

C’est ce qu’il aurait fallu expliquer à Sir William Compton. Ami de Henri VIII, ce lord anglais comte de Northampton vécu plusieurs histoires d’amour avec des jeunes hommes jamais au grand jour, par peur des représailles. Plus près de nous, des histoires similaires: ainsi Lord Louis Mountbatten, père du Prince Philip, aurait-il vécu quelques aventures avec des collègues au cours de ses années militaires. Assassiné par l’IRA au cours d’un voyage, il est déïfié en Angleterre où l’accuser d’homosexualité pourrait presque être assimilé à une haute trahison. L’amour porté par le prince Philip était tellement inconditionnel que certains observateurs se sont même posé la question de relations neveu / oncle, puisque nous avons vu que la consanguinité n’effraie pas la monarchie.

Chose étrange, les membres de la famille Windsor semblent attirés par les gays refoulés comme Lord Snodown. Plus connu sous le nom de Anthony Armstrong-Jones, Lord Snodown a épousé la soeur de l’actuelle reine d’Angleterre, Margaret et lui a même fait deux enfants. Second voire troisième choix pour cette princesse énamourée d’un photographe, puis de l’ex-Premier ministre canadien, Anthony Armstrong-Jones défraya la chronique à plusieurs reprises.

Le prince Charles n’est pas gay, il aime juste qu’on lui joue du pipeau

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Masturbation féminine dans les arts

1 Juin

Si Lila dit qu’elle ne s’est pas caressée, elle ment

La masturbation est un sujet tabou. Le sexe entre deux adultes hétérosexuels est bien accepté y compris en prime-time à la télévision. On tolère des scènes de partouzes ou des scènes de viol, mais une branlette ne sera jamais érigée au rang d’oeuvre d’art. Trop solitaire, trop égoïste, pas assez reproductrice, c’est même un péché, tout ce bon sperme ou tous ces bons ovules gâché. Pire que la branlette: la masturbation féminine.

Les scènes de branlettes d’hommes sont légion au cinéma, du cinéma d’auteur (Là-bas, 1990) aux teen movies (American Pie, la scène avec la tourte aux pommes). Pour les femmes, il faut chercher. La première hors cinéma pornographique ou érotique semble apparaître en 1975. Catherine Breillat filme un gros plan explicite, montrant le sexe d’une jeune femme en pleine masturbation. A deux doigts, elle caresse l’entrée de ses lèvres et son clitoris. Après quoi elle urine. Le film, « Une vraie jeune fille » contribue à la réputation de Catherine Breillat.

En 2004, dans Lila dit ça, Vahina Giocante simule une scène de masturbation devant des amis. Ensuite, elle se frotte ostensiblement contre la selle d’un vélo pour se donner du plaisir. Dans le livre dont le film est tiré, la scène est encore plus précise, décrite avec force adjectifs et descriptions en tous genres. Les amateurs verront la bande annonce ici avec la fameuse citation « Tu veux voir ma chatte ? » et « J’ai bien mis mon clito sur la selle du vélo ».

Vanessa Paradis a l’air de ne pas y toucher

Comme le dirait Ophélie Winter, paix à son âme, « Tout le monde le fait, tout le monde / tout le monde le sait, tout le monde / depuis que le monde est monde, on a besoin de quelques secondes « . Colette Renard, née en 1924 et aujourd’hui célèbre pour son personnage de Tante Rachel dans Plus Belle la vie (eh ouais) l’a chanté elle aussi dans « Les Nuits d’une demoiselle ».

Dans Noce Blanche, en 1989, Vanessa Paradis a les mains baladeuses, et elle se caresse devant Bruno Cremer, tête jetée en l’air, puis simule un orgasme devant un homme médusé autant qu’excité.

La Venus d’Urbino sait quoi faire de ses dix doigts

La peinture, elle, est en avance sur le cinéma. En 1538, Titien peint la Vénus d’Urbino: une femme allongée, la main entre les cuisses, les doigts dans le pubis. En 1863, Manet s’inspire de cette toile et peint son Olympia, une femme allongée comme Venus d’Urbino, mêmes éléments de décor, la main tout aussi coquine.Elle est exposée à la Piti, à Florence (Italie).

Olympia se caresse sans complexe devant son esclave

Olympia était le surnom donné aux courtisanes de l’époque et ce tableau, pour sa subversivité, fut interdit de toute exposition, bien que Zola prit sa défense: « Vous avez admirablement réussi à faire une œuvre de peintre, de grand peintre, à traduire énergiquement et dans un langage particulier les vérités de la lumière et de l’ombre, les réalités des objets et des créatures ». On peut le regarder aujourd’hui au Musée d’Orsay.
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