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Walt Disney, l’obsédé sexuel

9 Août

Les dessins animés de Walt Disney ont éduqué des générations entières. Mais au-delà des histoires enfantines et simplettes, ces films offrent parfois des symboliques sexuelles fortes. Décryptons ensemble:

Ce rêve bleu (Aladin, chanté par Aladin et Jasmine lors de leur première fois sur un tapis volant)

 » Je vais ouvrir tes yeux // aux délices et aux merveilles // de ce voyage en plein ciel  »

« Je suis montée trop haut // allée trop loin »

7ème ciel, montée, allée… le voyage sur un tapis volant est l’allégorie d’une première expérience sexuelle. Le tapis volant, symbole de leur couche, et le ciel de leurs orgasmes. En montrant ce jeune couple réjouit de s’envoyer en l’air, Walt Disney ou plutôt son équipe évitent de dire cash comme ça aux moins de 10 ans: « Et là, ça baise sévère, Aladin pécho Jasmine à sec et elle jouit comme une femme fontaine. » Ca passerait moins bien.

Mon épine fera couler ton sang (La Belle au bois dormant)

Dans ce grand classique, La Belle au bois dormant, on retrouve une multitude de relations sexuelles imagées. Par exemple la belle se pique au rouet, sur une (é)pine, le sang coule (comme pour une première expérience sexuelle) elle s’endort (part dans un monde parallèle) et est ramenée à la vie par un baiser. (Il est précisé que le baiser est déposé « sur ses lèvres »…)

Si je te dégoute, mange-moi

Nul besoin de faire appel à un psychiatre pour analyser les relations entre les belles femmes (vierges, en symbolique) et les hommes dégoutant (quoi de plus dégoutant qu’un pénis pour une femme vierge ?) Shrek et la princesse Fiona, la Belle et la Bête, la Princesse et la grenouille, ou même Blanche-Neige avec sa pomme, dans laquelle il faut voir un clin d’oeil au péché originel (croquer la pomme, chacun sait ce que ça signifie, proposée par une sorcière et son symbole phallique de balais)

Picoti, Picota, Picoti, Picota…

Les raisons de ces sexualités subliminales ? Déjà, il est impossible de présenter des scènes purement et ouvertement sexuelles dans des films pour enfants. Ensuite, la pudeur américaine empêche les scénaristes, même ceux des séries pour adultes (Friends par exemple) de montrer des scènes crues. Au-delà de ces considérations, le Code Hayes oblige à remplacer toute scène tendancieuse par quelque chose de beaucoup plus lisse. D’où, le tapis-7è ciel / la bête-pénis-poilu / la pomme-partie de jambe en l’air / le picoti-picota sexuel de Qui veut la peau de Roger Rabbit…

Des images subliminales de sexe dans les Disney ?

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Nus dans les escaliers et surréalisme : les échanges de Duchamp et Miro

5 Juil

q-lturel femme nue dans l'escalier duchampEn 1912, Marcel Duchamp peint une huile sur toile qu’il baptise « Nu descendant l’escalier ». Nu, sans –e, comme « un nu », ce qu’on dit d’une représentation artistique de corps sans vêtement, qu’il soit homme ou femme.

Et sur cette peinture, le « nu » n’est justement ni homme, ni femme. Il est impossible de distinguer les détails de son sexe et si certains observateurs croient lui deviner une poitrine, d’autres mentionnent un plastron de pectoraux. Exposée l’année suivante, en 2013, à New York, la toile fait scandale. Le découpage image par image, comme on le ferait pour un dessin animé, renvoie à un érotisme du mouvement tout comme le dégradé de jaunes et ocres aveugle le spectateur.

Exposée au musée d’art moderne de Philadelphie, cette toile marque les débuts de l’art moderne et consacre le surréalisme comme genre graphique.

En clin d’œil et réponse à son ami qu’il admire, Joan Miro peint dans les années 20 un « Nu montant l’escalier ». Nue, seins pendants, nez déformé en longueur, orteils vilains, elle présente une touffe poils pubiens d’une longueur étonnante. Comme Duchamp, Miro se détourne des représentations classiques de l’être humain pour privilégier un style direct, basé sur les impressions, le ressenti. Il affirme d’ailleurs à cette période qu’il peint pour « le contact avec la matière, pour la sensation » plus que pour le résultat final.

Simple esquisse noire et blanche, loin des peintures colorées de bleu, de rouge ou d’orange qu’on retrouve habituellement chez Joan Miro, ce « Nu montant l’escalier » est visible à la Fondation Miro, Montjuic à Barcelone.

« Il y a plus ici à comprendre qu’à regarder » dit un critique d’art. Comme toujours avec les surréalistes, chacun y voit ce qu’il veut. Des projetées du subconscient (l’escalier descendant représente le surmoi en psychanalyse) des visées naturalistes (dessiner les humains sans les embellir, dans l’érotisation naturelle et la laideur de leur corps) ou des symboliques Q-lturelles : la montée (orgasme) la descente (à la cave, évoquant des scènes de fellation retrouvées dans d’autres œuvres des artistes)

El Desdichado: le poème Q de Gérard de Nerval

25 Juin

gérard nerval desdichado porno

Je te vois, coquine, derrière ton écran… gérard_de_nerval@sexyhot.xxx

El Desdischado: le déchu, le désenchanté, peu importe comment Gérard de Nerval a voulu concevoir son poème – le plus magnifique poème de tous les temps. On ne peut nier qu’il ait une dimension sexuelle incommensurable. Chaque mot est ici choisi pour faire référence à un moment sexuel et même la construction évoque une relation: on commence par parler veuvage pour terminer sur des cris et des soupirs après avoir bien modulé la lyre.

La preuve en images: magnéto, Serge !

Je suis le ténébreux, – le veuf, – l’inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie
Ma seule étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Bon, là ça me paraît clair: il ne bande plus. (Le veuf… la Tour abolie: faut-il vraiment vous décrypter le symbole de la tour abolie ?)

Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,

Et la treille où le pampre à la rose s’allie.

Ah, il bande encore ! La mer d’Italie: en psychanalyse, on explique aux patients que toute étendue d’eau renvoie à la femme dans son aspect sexuel. Quant au Pausilippe, c’est une colline: après la tour abolie, il cherche la colline. Edifiant.

Suis-je Amour ou Phébus ? … Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène…

Il hésite entre deux figures de l’amour, son front est rouge des baisers reçus (oui, c’est ça, on va dire que c’est son front…) et il a plongé dans la grotte (plongé dans la grotte=pénétration pour ceux qui n’auraient toujours pas compris. La grotte est le sexe féminin et la plongée, l’acte d’y entrer) Au cas où ça ne soit pas clair, il précise: la grotte où nage la sirène, l’un des symboles sexuels les plus forts de la mythologie et des contes.


Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron ;

Gérard de Nerval signifie à son lecteur qu’il a éjaculé deux fois. (vainqueur… traversée: renvoie au voyage évoqué plus haut avec la grotte, la sirène, tout ça)
Modulant tout à tour sur la lyre d’Orphée

Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée: une bien jolie manière d’évoquer les manipulations physiques auxquelles il s’est livré avec sa partenaire.


Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

Dans quelles circonstances une femme passe-t-elle de sainte à fée, et alterne-t-elle les cris et les soupirs…? Le poète est ravi d’avoir été vainqueur et d’avoir fait crier sa douce.

Gérard de Nerval.

Les Chimères (1854)

Lesbos, l’île des lesbiennes

7 Juin

Statue de femmes lesbiennes de Lesbos ayant appartenu au page de la Reine Victoria (eh oui, encore ces obsédés de la famille royale britannique)

Imaginez une île remplie de belles femmes qui se lèchent la langue, se disent bonjour en glissant leurs mains dans la culotte de leurs amies et se rendent aux bains publics entre femmes, pour avoir l’occasion de se tripoter les unes les autres… vous ne rêvez pas, cette île existe, même si la description ci-dessus est un poil pubien exagérée.

Les lesbiennes n’ont pas toujours été des femmes, créatures blondes à cheveux longs typiques de The L World. Mais elles ont toujours existé. Tout a commencé sur l’île de Lesbos, la plus grande île Grecque aussi connue, de nos jours, sous le nom de Mytilène après s’être appelée Pelasgia ou Madaria. Mytilène est d’ailleurs le nom d’un site de rencontres pour lesbiennes, et le terme Madaria revient dans de nombreux textes érotiques sur les femmes.

Sapho murmure  à l’oreille des cochonnes. Simeon Solomon – XIXè siècle

La Grèce tient un rôle très important dans l’histoire de l’homosexualité masculine mais aussi, et on le sait moins, dans l’histoire du lesbianisme. Sur l’île de Lesbos, donc, vit Sappho. En -600 avant JC, Sappho la poétesse (poetisa, en Grec ancien) écrit des textes mettant en scène des émotions puissantes entre deux femmes, pour ne pas dire plus, comme L’Hymne à Aphrodite, A une aimée, Jeunes filles, œuvres toutes disponibles en traductions françaises chez divers éditeurs. Platon dit d’elle qu’elle est la « dixième muse ».

La vraie vie de Sappho demeure mystérieuse : elle eut une fille, fut même mariée, et enseigna dans une école de jeunes-filles de Lesbos où elle eut, d’après les historiens, plusieurs amantes. Surnommée « La Lesbienne » dans le sens « La femme que l’on connaît à Lesbos », comme on dirait « La Parisienne », elle légua son surnom qui, petit à petit, désigna toutes les femmes attirées par d’autres femmes.

Sex and the city ? Non, Sex and the island

Origines volcaniques, sources chaudes, végétation luxuriante et bords de mer à couper le souffle, l’île de Lesbos attire de nombreuses touristes lesbiennes en quête de vacances q-lturelles, elles reviennent en quelques sortes à leurs origines.

Lesbos désigne aujourd’hui une lesbienne en argot. Mais la poésie occupe une grande place dans l’histoire de cette île. Au VIème siècle avant JC, l’un des poètes les plus connus de l’île de Lesbos, en dehors de Sappho, se nommait… Lèsches. Ca ne s’invente pas.

Masturbation féminine dans les arts

1 Juin

Si Lila dit qu’elle ne s’est pas caressée, elle ment

La masturbation est un sujet tabou. Le sexe entre deux adultes hétérosexuels est bien accepté y compris en prime-time à la télévision. On tolère des scènes de partouzes ou des scènes de viol, mais une branlette ne sera jamais érigée au rang d’oeuvre d’art. Trop solitaire, trop égoïste, pas assez reproductrice, c’est même un péché, tout ce bon sperme ou tous ces bons ovules gâché. Pire que la branlette: la masturbation féminine.

Les scènes de branlettes d’hommes sont légion au cinéma, du cinéma d’auteur (Là-bas, 1990) aux teen movies (American Pie, la scène avec la tourte aux pommes). Pour les femmes, il faut chercher. La première hors cinéma pornographique ou érotique semble apparaître en 1975. Catherine Breillat filme un gros plan explicite, montrant le sexe d’une jeune femme en pleine masturbation. A deux doigts, elle caresse l’entrée de ses lèvres et son clitoris. Après quoi elle urine. Le film, « Une vraie jeune fille » contribue à la réputation de Catherine Breillat.

En 2004, dans Lila dit ça, Vahina Giocante simule une scène de masturbation devant des amis. Ensuite, elle se frotte ostensiblement contre la selle d’un vélo pour se donner du plaisir. Dans le livre dont le film est tiré, la scène est encore plus précise, décrite avec force adjectifs et descriptions en tous genres. Les amateurs verront la bande annonce ici avec la fameuse citation « Tu veux voir ma chatte ? » et « J’ai bien mis mon clito sur la selle du vélo ».

Vanessa Paradis a l’air de ne pas y toucher

Comme le dirait Ophélie Winter, paix à son âme, « Tout le monde le fait, tout le monde / tout le monde le sait, tout le monde / depuis que le monde est monde, on a besoin de quelques secondes « . Colette Renard, née en 1924 et aujourd’hui célèbre pour son personnage de Tante Rachel dans Plus Belle la vie (eh ouais) l’a chanté elle aussi dans « Les Nuits d’une demoiselle ».

Dans Noce Blanche, en 1989, Vanessa Paradis a les mains baladeuses, et elle se caresse devant Bruno Cremer, tête jetée en l’air, puis simule un orgasme devant un homme médusé autant qu’excité.

La Venus d’Urbino sait quoi faire de ses dix doigts

La peinture, elle, est en avance sur le cinéma. En 1538, Titien peint la Vénus d’Urbino: une femme allongée, la main entre les cuisses, les doigts dans le pubis. En 1863, Manet s’inspire de cette toile et peint son Olympia, une femme allongée comme Venus d’Urbino, mêmes éléments de décor, la main tout aussi coquine.Elle est exposée à la Piti, à Florence (Italie).

Olympia se caresse sans complexe devant son esclave

Olympia était le surnom donné aux courtisanes de l’époque et ce tableau, pour sa subversivité, fut interdit de toute exposition, bien que Zola prit sa défense: « Vous avez admirablement réussi à faire une œuvre de peintre, de grand peintre, à traduire énergiquement et dans un langage particulier les vérités de la lumière et de l’ombre, les réalités des objets et des créatures ». On peut le regarder aujourd’hui au Musée d’Orsay.
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Q-lturel

29 Mai

Bienvenue sur le blog Q-lturel, le blog qui parle:

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